Bilan 2025 du marché immobilier québécois
En 2025, le marché immobilier résidentiel québécois a surpris par sa vigueur. Alors que plusieurs anticipaient un ralentissement marqué dans un contexte économique incertain, l’activité est demeurée élevée, soutenue par une demande encore bien présente et, surtout, par une pénurie persistante de propriétés à vendre.

Une année 2025 plus dynamique que prévu
Avec plus de 97 200 transactions, en hausse de près de 8 % par rapport à 2024, 2025 s’impose comme la troisième année la plus active depuis 2000, et la meilleure en dehors de la période pandémique. Cette performance ne traduit toutefois pas un marché sans contraintes, mais plutôt un marché fortement déséquilibré, où l’offre a continué de limiter le potentiel d’activité.
Ce bilan, fait à partir de données et d’analyses du marché résidentiel québécois, revient sur les dynamiques clés qui ont façonné 2025 et met en lumière les enseignements à retenir à l’aube de 2026.
Des ventes résidentielles en hausse dans un contexte incertain
La lecture de 2025 révèle un constat central : la demande a largement excédé l’offre disponible.
L’année a débuté sur une lancée vigoureuse, dans la continuité du redressement observé à la fin de 2024. Toutefois, à mesure que les incertitudes macroéconomiques persistaient et que les conditions financières demeuraient exigeantes, le manque de propriétés à vendre est devenu le principal facteur limitatif, empêchant le marché de maintenir le même rythme en fin d’année.
Plusieurs éléments expliquent la solidité de la demande :
- La croissance démographique importante accumulée au cours des dernières années;
- Une demande latente de ménages qui avaient reporté leurs projets d’achat;
- La présence dominante des acheteurs expérimentés, moins sensibles aux niveaux de prix élevés et généralement mieux outillés pour composer avec l’incertitude économique.
À l’inverse, l’offre n’a pas suivi. Dans l’ensemble de la province, le nombre de propriétés à vendre est demeuré bien inférieur aux moyennes historiques, maintenant des conditions favorables aux vendeurs dans la majorité des marchés.
Les taux d’intérêt : un facteur de support dans un contexte incertain
En 2025, les taux d’intérêt hypothécaires ont continué de jouer un rôle central dans les décisions des ménages, dans un environnement économique où la prudence demeurait de mise. Les ajustements à la baisse de la politique monétaire et la possibilité d’amortir les prêts hypothécaires assurés sur 30 ans, combinés aux incertitudes liées à l’économie mondiale, ont incité les acheteurs à adopter une approche plus confiante mais aussi plus réfléchie et planifiée.
Outre le fait d’activer une demande latente importante (intentions d’achat et de vente exprimées par les ménages québécois en 2025), les taux ont favorisé :
- Une approche plus stratégique des acheteurs;
- Une adaptation des projets (choix de propriété, localisation, mise de fonds);
- Un recentrage vers les segments où l’abordabilité demeurait relative.
Du côté des vendeurs, la rareté de l’offre leur a permis de conserver un avantage tout au long de l’année, dans plusieurs marchés avec des situations de surenchère encore fréquentes.
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Trucs et conseils
Lorsque les taux d’intérêt influencent le marché, analyser sa capacité d’emprunt réelle, prévoir une marge budgétaire et comparer les options de financement aide à prendre des décisions éclairées et à avancer avec plus de sérénité. |
Trois segments, trois dynamiques distinctes
La maison unifamiliale : toujours le même engouement
L’unifamiliale est demeurée le segment le plus recherché en 2025. Malgré des hausses de prix importantes, la demande est restée soutenue dans l’ensemble des régions.
Toutefois, c’est aussi dans ce segment que la pénurie est la plus marquée, ce qui a limité le nombre de transactions possibles et a accentué les enjeux d’abordabilité avec de fortes hausses de prix, dans plusieurs grands centres et agglomérations en mode rattrapage. L’inabordabilité de l’unifamiliale demeure un frein à l’activité dans plusieurs régions seulement.
La copropriété : une dynamique plus nuancée
Le marché de la copropriété a évolué de façon plus contrastée. Dans certaines régions, notamment à Montréal, l’offre s’est accrue, contribuant à un début de rééquilibrage du marché. Ailleurs, la rareté demeure bien présente.
La copropriété a continué de jouer un rôle clé comme porte d’entrée à la propriété, bien que la hausse des frais et les exigences réglementaires aient complexifié l’équation pour certains acheteurs. Cette réalité s’aligne avec les intentions d’achat et de vente exprimées par les ménages québécois en 2025, où la copropriété occupe toujours une place centrale.
Les plex : le segment le plus dynamique de 2025
Les plex et immeubles à revenus ont continué de susciter l’intérêt des acheteurs et des petits investisseurs en 2025. Dans un contexte où les revenus locatifs demeurent un levier important, la demande pour ces propriétés ne s’est pas démentie. Les prix des loyers ont fortement augmenté en 2025, tel que statué par les dynamiques observées par la SCHL sur le marché locatif primaire.
Avec une hausse des ventes de 13 %, les plex se sont imposés comme le segment le plus effervescent de l’année. Leur popularité s’explique par :
- La pression du marché locatif;
- La recherche de revenus complémentaires;
- Une stratégie d’accès à la propriété dans un contexte d’inabordabilité croissante.
Cette demande soutenue s’est toutefois heurtée à une offre extrêmement limitée, ce qui a entraîné des hausses de prix marquées.
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Type de propriété |
Ventes en 2025 |
Variation annuelle |
Précisions |
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Maison unifamiliale |
63 210 |
+8 % |
Segment le plus actif, porté par une demande soutenue et une offre limitée. |
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Copropriété |
24 232 |
+5 % |
Option d’accès privilégiée, marché plus nuancé et amorce de rééquilibrage. |
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Plex/immeuble à revenus |
9 477 |
+13 % |
Segment le plus effervescent, tiré par l’intérêt constant de plusieurs profils d’acheteurs. |
Prix et nombre de jours sur le marché : un marché toujours à l’avantage des vendeurs
En 2025, les indicateurs de prix et de délais ont confirmé le déséquilibre du marché :
- Les prix ont progressé dans l’ensemble des régions, souvent de façon marquée. La progression des prix a été plus importante dans l’est de la province (marchés de Québec, Trois-Rivières, Saguenay, Drummondville) que dans les marchés situés plus à l’ouest (Gatineau, Montréal et Sherbrooke);
- Le nombre de jours moyen durant lequel les propriétés sont restées sur le marché a été bien en deçà des moyennes historiques, soit moins de 60 jours;
- Les conditions de marché sont restées favorables — voire fortement favorables — aux vendeurs. C’est-à-dire que la faiblesse de l’offre a permis aux vendeurs de maintenir un fort avantage lors des négociations. Ce déséquilibre de marché s’est reflété tant dans le nombre de jours pendant lequel une propriété est restée affichée en vente sur le marché que dans les croissances de prix.
La croissance des prix a
été particulièrement prononcée dans plusieurs marchés de l’est de la province
(Québec, Trois-Rivières, Saguenay, Drummondville), où la rareté de l’offre est
encore plus aiguë.
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Type de propriété |
Nombre de jours moyen |
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Unifamiliale |
46 jours |
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Copropriété |
49 jours |
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Plex/immeuble à revenus |
57 jours |
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Trucs et conseils
Considérer seulement un prix affiché ou un nombre de jours moyen sur le marché ne suffit pas. Se faire accompagner par un courtier immobilier, comparer les transactions conclues localement et tenir compte des réalités du quartier permet de mieux interpréter les données et de prendre des décisions éclairées. |
Des réalités régionales contrastées
Si le mouvement haussier des ventes est demeuré fort à l’échelle provinciale en 2025, il a démontré des niveaux variables selon les régions. Dans certains centres urbains, les ventes ont progressé de plus de 10 % sur un an, tandis que d’autres secteurs affichaient une évolution plus modérée, reflétant des réalités locales distinctes.
Les facteurs limitatifs diffèrent :
- Dans certains marchés, c’est le manque de propriétés qui a freiné l’activité;
- Dans d’autres, l’inabordabilité est devenue le principal obstacle.
Cette hétérogénéité régionale est désormais une caractéristique structurante du marché québécois.
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Région métropolitaine de recensement (RMR) |
Variation annuelle |
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Sherbrooke |
+9 % |
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Drummondville |
+11 % |
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Montréal |
+8 % |
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Québec |
+5 % |
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Gatineau |
+3 % |
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Saguenay |
+8 % |
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Trois-Rivières |
+5 % |
Certaines agglomérations de plus petite taille se démarquent davantage.
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Localité |
Variation |
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Salaberry-de-Valleyfield |
+21 % |
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Rimouski |
+18 % |
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Rivière-du-Loup |
+16 % |
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Mont-Tremblant |
+15 % |
Ce que 2025 nous apprend
Au terme de l’année, le principal enseignement de 2025 réside dans la résilience du marché face à un contexte économique et géopolitique assombri.
La demande continue de se heurter de façon plus frontale à une offre insuffisante, à une capacité financière des ménages mise à l’épreuve, ainsi qu’à des écarts croissants entre régions et catégories de propriété.
Et pour 2026 : une année de transition
À l’aube de 2026, le marché immobilier québécois aborde une phase de transition, dans un contexte où les incertitudes internationales demeurent présentes. Si la stabilisation des taux d’intérêt contribue à améliorer la lisibilité du marché, les perspectives économiques mondiales incitent à la prudence. Il n’en demeure pas moins que l’enviable stabilité du marché immobilier québécois renforce la confiance des ménages et des investisseurs. La propriété résidentielle est plus que jamais perçue comme une valeur sûre.
Dans cette perspective, plusieurs constats structurent les perspectives pour l’année à venir :
- Une stabilisation du marché, influencée par les conditions économiques incertaines et des taux d’intérêt hypothécaires plutôt stables à des niveaux relativement bas.
- Malgré le déclin de l’accroissement démographique, le marché immobilier pourra compter sur une demande latente qui est toujours bien présente.
- Les acheteurs expérimentés continueront de dominer le marché.
- L’offre pourrait se redresser légèrement, sans toutefois combler le déficit accumulé. Ceci permettra à la demande latente de s’actionner en réalisant plusieurs projets d’achat immobilier.
- Les prix poursuivront leur croissance, mais à un rythme largement plus modéré que ce qui a été constaté au cours des dernières années.
- Les prix dans la région de Québec devraient afficher des progressions toujours plus soutenues que la moyenne provinciale, en raison de la faiblesse de l’offre de propriétés qui persistera en 2026.
- Du côté de Montréal, l’accroissement de l’offre et de l’inabordabilité freineront la croissance des prix. L’augmentation de l’offre des copropriétés devrait plus spécifiquement tempérer la croissance des prix dans cette catégorie.
Conclusion : 2025, une année révélatrice de stratégies d’adaptation
Le bilan de 2025 met en lumière un marché immobilier québécois résilient, mais profondément contraint, capable de performer malgré un environnement mondial instable. Dans ce contexte, la compréhension fine des dynamiques locales et macroéconomiques demeure essentielle pour naviguer dans un marché qui, plus que jamais, évolue à la croisée des enjeux économiques, sociaux et géopolitiques.
Les conditions relevées en 2025 rappellent l’importance d’évaluer chaque projet immobilier à la lumière de sa situation financière, de ses objectifs et de son horizon de planification.
Que ce soit pour acheter, vendre ou planifier la suite, bénéficier d’un accompagnement professionnel pour manœuvrer dans le marché immobilier permet de transformer cette lecture du marché en actions concrètes, cohérentes et adaptées à ses besoins.
Article écrit en collaboration avec :

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