Marché immobilier : que révèlent les données du 1er trimestre 2026?
Le début de l’année 2026 marque un nouveau dynamisme pour le marché immobilier au Québec. Après plusieurs années de forte activité, de surenchère et de pression sur les prix, les plus récentes statistiques trimestrielles montrent un léger changement de
rythme. Faut-il y voir un ralentissement? Un retour à l’équilibre?
Pour bien comprendre ce qui se passe, il faut bien relativiser les chiffres et replacer les tendances dans leur contexte. Rappelons qu’il n’y a pas qu’un seul marché immobilier au Québec, mais bien autant de marchés que de régions.

Un marché immobilier qui ralentit… sans vraiment s’essouffler
Au cours des trois premiers mois de 2026, un peu plus de 23 000 ventes résidentielles ont été conclues au Québec. C’est une baisse de 2 % par rapport à la même période en 2025.
À première vue, ce recul peut sembler peu significatif. Mais en réalité, il faut le nuancer.
Comme le souligne Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché de l’APCIQ :
« Le marché immobilier québécois entre dans une phase de stabilisation, mais sans véritable relâchement de la pression. L’activité ralentit légèrement, mais
la demande demeure bien présente, portée par des conditions économiques relativement favorables, notamment la stabilité des taux d’intérêt et la résilience du marché de l’emploi. »
Le volume de transactions demeure ainsi très proche de la moyenne des dix dernières années, ce qui témoigne d’un marché toujours actif.
La diminution des ventes s’explique alors en partie par un changement d’attitude chez les acheteurs. Plusieurs ménages prennent désormais plus de temps avant de passer à l’action.
« Le portrait de la demande immobilière demeure nuancé et traduit un changement de comportement chez les acheteurs. Si l’intérêt pour l’achat est toujours bien présent, plusieurs ménages adoptent désormais une approche plus prudente, ajustant leur budget, leurs critères ou le moment de leur projet », précise Camille Laberge, directrice-adjointe et économiste principale à l’APCIQ.
Elle ajoute : « Cette dynamique, combinée à une confiance des ménages plus fragile, s’observe depuis la fin de 2025 et s’est poursuivie au premier trimestre, contribuant à un léger recul des ventes. »
Le mot-clé ici : prudence.
Partout au Québec, on observe un peu plus de prudence de la part des acheteurs, qui s’explique en grande partie par le climat d’incertitude économique.
« La confiance des consommateurs s’est détériorée dans un contexte marqué par le ralentissement de l’économie québécoise, une inflation qui demeure un enjeu important et des incertitudes géopolitiques persistantes, qu’il s’agisse du conflit au Moyen-Orient ou du contexte commercial avec les États‑Unis. Ces facteurs incitent plusieurs ménages à prendre davantage de recul avant de concrétiser un projet immobilier », explique Charles Brant, directeur du Service de l’analyse de marché de l’APCIQ.
Camille Laberge constate aussi que « ce repositionnement s’inscrit dans un contexte où certains facteurs démographiques, notamment la diminution récente du nombre de résidents non permanents, viennent moduler la pression sur la demande dans plusieurs marchés ».
Des conditions encore favorables… aux vendeurs
Même si les ventes ralentissent légèrement, le marché immobilier au Québec demeure largement à l’avantage des vendeurs.
Pourquoi? Parce que l’offre, bien qu’en hausse, reste insuffisante.
Au 1er trimestre de 2026, on comptait un peu plus de 36 000 propriétés à vendre sur le système Centris, soit une augmentation de 6 % sur un an.
Mais il y a un important bémol : malgré cette hausse, l’inventaire demeure nettement sous les moyennes historiques.
Résultat :
- la compétition entre acheteurs est encore bien présente
- les propriétés se vendent rapidement
- les vendeurs conservent un avantage dans les négociations
- la pression sur les prix demeure importante
Selon Charles Brant, le marché amorce tout de même une transition : « Le marché québécois amorce un rééquilibrage graduel, mais les conditions demeurent toujours à l’avantage des vendeurs. »
Des prix toujours en hausse… mais plus modérément
Après plusieurs années de forte croissance, les prix continuent d’augmenter, mais à un rythme plus raisonnable.
Prix médians et croissance annuelle à l’échelle du Québec :
- Unifamiliale : 511 850 $ (+6 %)
- Copropriété : 400 000 $ (+3 %)
- Plex : 675 000 $ (+8 %)
Des délais de vente toujours très courts
Autre indicateur clé : la vitesse à laquelle les propriétés se vendent.
Au 1er trimestre :
- Unifamiliale : 45 jours
- Plex : 51 jours
- Copropriété : 52 jours
Ces délais ont même diminué par rapport à l’an dernier dans plusieurs cas.
Malgré une certaine prudence, la demande reste suffisamment forte pour absorber rapidement les propriétés disponibles.
Des réalités très différentes selon les régions
Le marché immobilier au Québec n’est pas uniforme. Les dynamiques varient fortement d’une région à l’autre et il est pertinent de consulter les statistiques régionales :
RMR de Montréal : un marché actif, mais en léger recul
Les ventes ont diminué de 4 %, tandis que l’offre a augmenté de 10 %, et de manière plus importante du côté des copropriétés.
Malgré cela, les prix continuent de progresser, et le marché demeure favorable aux vendeurs.
RMR de Québec : une rareté toujours très marquée
L’offre continue de diminuer, accentuant la pénurie et la concurrence entre acheteurs.
Les délais de vente y sont particulièrement courts et les hausses de prix très considérables.
RMR de Gatineau : un marché qui s’assouplit
Avec une baisse des ventes et une forte hausse de l’offre, la pression diminue légèrement, influencée par le marché d’Ottawa, qui ralentit.
C’est aussi l’une des rares régions où les prix ont reculé.
RMR de Sherbrooke : un marché toujours aussi actif
Avec une hausse des ventes et des inscriptions, les vendeurs ont conservé leur position de force, entrainant des hausses de prix considérables et des délais de vente courts.
RMR de Saguenay : forte hausse des ventes
Le fort dynamisme que connait la région confère un très fort avantage aux vendeurs, qui s’est encore une fois accentué cet hiver avec la croissance soutenue des ventes.
RMR de Trois-Rivières : recul des ventes
Malgré une activité transactionnelle au ralenti, et une offre de propriétés augmentée, les conditions de marché sont restées très tendues.
RMR de Drummondville : l’avantage demeure aux vendeurs
Un rééquilibrage partiel se dessine avec une hausse de l’offre et un recul des ventes, dans un contexte qui demeure, pour l’instant, toujours favorable aux vendeurs.
Un changement de comportement chez les acheteurs
Au-delà des chiffres, un phénomène ressort clairement : les acheteurs s’adaptent.
On observe :
- une réflexion plus longue
- des budgets ajustés
- des compromis
- un certain attentisme
Ce n’est pas un désengagement, mais une évolution du comportement.
Parallèlement, une tendance commence à émerger du côté de l’offre.
« La remontée des inscriptions dans plusieurs régions commence à offrir davantage d’options aux acheteurs, sans toutefois suffire à rétablir un véritable équilibre. Les dynamiques demeurent ainsi très variables d’un marché à l’autre, avec certains segments, notamment celui des plex, qui continuent de se démarquer par un niveau d’activité soutenu », souligne Camille Laberge.
Vers un rééquilibrage du marché immobilier au Québec?
Les données du 1er trimestre 2026 suggèrent un début de rééquilibrage. Mais il reste fragile.
Trois facteurs seront déterminants :
- Les taux d’intérêt
- La confiance des ménages
- L’évolution de l’offre
Pour l’instant, on se trouve dans une zone intermédiaire : ni surchauffe, ni correction. Comme le résume Charles Brant, il s’agit d’un équilibre encore fragile : « La suite dépendra essentiellement de l’évolution des taux d’intérêt et de la confiance des ménages alors que le contexte géopolitique international ramène le spectre d’une inflation plus forte au pays. »
Le 1er trimestre : ce qu’il faut retenir
✔ Les ventes reculent légèrement
✔ L’offre augmente, mais reste insuffisante
✔ Les prix progressent plus modérément
✔ Les délais de vente demeurent courts
✔ Les acheteurs sont plus prudents
✔ les dynamiques régionales sont contrastées alors que le niveau d'abordabilité et d'inventaire
diffèrent
Pourquoi bien s’entourer reste essentiel
Dans un marché plus nuancé, les décisions immobilières demandent davantage de stratégie.
Comprendre les tendances locales, bien positionner une propriété ou négocier efficacement peut faire toute la différence.
C’est pourquoi l’accompagnement d’un courtier immobilier demeure un atout précieux pour naviguer avec confiance dans le marché immobilier au Québec.
Article écrit en collaboration avec :

À lire aussi :
Achat de maison : 13 frais à prévoir avant, pendant et après
Guide complet : comment acheter une maison en 12 étapes
Première rencontre avec un courtier immobilier : comment se préparer?