24 août 2026

Amiante dans la maison : savoir à quoi s’en tenir pour mieux agir

Le mot « amiante » a de quoi faire sourciller, surtout lorsqu’il surgit au moment d’acheter une maison ou à la veille d’entreprendre des rénovations. Pourtant, la présence d’amiante dans une maison n’est pas toujours aussi préoccupante qu’on pourrait le croire au premier abord. Tout dépend de la situation.

Mais alors, comment savoir si une propriété en contient réellement? Des années de construction les plus concernées aux endroits où l’amiante peut se cacher, en passant par les circonstances qui justifient une décontamination, plusieurs éléments entrent en ligne de compte. Voici un tour d’horizon pour y voir plus clair avant d’acheter, de rénover ou de décider de la marche à suivre.

Exemple de vieille maison pouvant contenir de l'amiante

L’amiante, ses particularités et ses dangers potentiels

L’amiante désigne un groupe de minéraux naturels composés de fibres de silicate. Grâce à leur résistance thermique, au bruit, au feu et à l’usure, ces fibres ont longtemps été utilisées dans le domaine de la construction et de la rénovation, où elles ont été intégrées à de nombreux matériaux et produits. L’utilisation de l’amiante est aujourd’hui proscrite à cause de ses conséquences pour la santé.

Quels risques présente-t-elle pour la santé?

La présence d’amiante ne signifie pas automatiquement qu’il y a un risque pour la santé. Le problème survient surtout lorsqu’un matériau qui en contient est en mauvais état, friable ou manipulé, et que des fibres sont libérées dans l’air. Une fois inhalées, celles-ci peuvent avoir des conséquences majeures sur la santé.

L’exposition aux fibres d’amiante est notamment associée à plusieurs maladies :

  • L’amiantose (maladie pulmonaire chronique);
  • Le mésothéliome (cancer);
  • Le cancer du poumon;
  • Le cancer du larynx;
  • Le cancer des ovaires.

À noter que ces maladies peuvent mettre quelques dizaines d’années à se manifester.

Cependant, un matériau composé d’amiante qui est en bon état, non friable et non manipulé ne pose aucun danger pour la santé. Un suivi de son état permet de repérer une éventuelle détérioration. Sa présence dans une maison n’implique donc pas forcément qu’il faille l’enlever. Plusieurs facteurs permettent plutôt d’évaluer la situation et de déterminer si une intervention est de mise.


Évaluer le risque lié à la présence d’amiante

Facteur à considérer

Pourquoi est-ce important?

État et friabilité du matériau

Un matériau endommagé, détérioré ou qui s’émiette facilement est plus susceptible de libérer des fibres dans l’air.

Accessibilité

Un matériau exposé ou facilement accessible risque davantage d’être endommagé ou déplacé.

Travaux prévus

Percer, scier, poncer, couper ou démolir peut perturber un matériau jusqu’alors impeccable.

Possibilité de le laisser intact

Un matériau en bon état peut parfois demeurer en place plutôt que d’être retiré.


À quelle époque l’amiante était-il utilisé dans les maisons?

Au Québec, c’est surtout dans les bâtiments construits ou rénovés entre 1930 et 1990 que l’on est susceptible de trouver des matériaux contenant de l’amiante. L’année de construction constitue toutefois un indice, et non une preuve. Par exemple, une maison qui n’en contenait pas au départ pourrait avoir eu des rénovations ayant introduit cette matière.

Si l’amiante a longtemps trouvé sa place dans nos maisons, c’est que ses propriétés répondaient à plusieurs besoins du secteur de la construction. Il était notamment recherché pour :

  • Sa résistance au feu;
  • Ses propriétés d’isolation thermique et ac oustique;
  • Sa durabilité et sa flexibilité;
  • Son faible coût.

Des règlements encadrant son utilisation ont été mis en place au fil des décennies, dont le Règlement interdisant l’amiante et les produits contenant de l’amiante entré en vigueur au Canada le 30 décembre 2018. Une nuance importante pour les propriétaires de maisons plus anciennes : il ne s’applique pas à l’amiante déjà intégré à une structure ou à une infrastructure avant cette date. L’interdiction ne signifie donc pas que l’amiante a disparu du parc immobilier.

Où peut se trouver l’amiante dans une maison?

L’amiante peut se dissimuler dans des endroits insoupçonnés. Comme il a été intégré à une grande variété de matériaux de construction, on peut en trouver dans l’isolation d’une maison, mais aussi dans les murs, les plafonds, les planchers, la tuyauterie et même quelques éléments extérieurs. Le gouvernement du Québec répertorie d’ailleurs plusieurs sources possibles d’amiante dans une habitation.


Les principaux matériaux pouvant contenir de l’amiante

Emplacement

Exemples de matériaux concernés

Grenier

Isolant en vrac, dont des isolants de vermiculite

Murs et plafonds

Panneaux de gypse et composés de remplissage ou de retouche, certains revêtements et carreaux d’insonorisation

Planchers

Certains carreaux de vinyle, feuilles de linoléum et adhésifs

Tuyauterie

Divers matériaux d’isolation des tuyaux

Chauffage

Matériaux isolants, rubans et joints associés notamment aux fournaises et chauffe-eaux

Foyer et poêle à bois

Certains écrans thermiques et bases

Installations électriques

Isolation de fils, boîtes de prises et d’interrupteurs, panneaux et boîtes de fusibles

Extérieur

Certains revêtements extérieurs, produits d’amiante-ciment et gouttières


Comment détecter la présence d’amiante dans une maison?

L’âge d’une propriété ou certains matériaux peuvent éveiller les soupçons, mais il est impossible de confirmer la présence d’amiante simplement en regardant un mur, un plafond ou un revêtement de sol. Pour un propriétaire comme pour un acheteur, quelques vérifications s’imposent donc.

Certains indices peuvent justifier une vérification plus poussée :

  • La maison a été construite ou rénovée à une époque où l’amiante était couramment utilisé;
  • Des matériaux d’origine ou anciens sont toujours en place;
  • Des travaux sont prévus et risquent de toucher à ces matériaux.

L’historique des rénovations peut fournir de précieux renseignements. Factures, fiches techniques et autres documents permettent parfois de connaître la composition ou l’âge des matériaux. Par exemple, les panneaux de gypse et composés à joints fabriqués par des entreprises nord-américaines depuis le 1er janvier 1980 ne contiennent pas d’amiante.

Avant de prioriser les travaux de rénovation, il peut donc être utile de faire l’inventaire des matériaux qui seront touchés.

Le test d’amiante en laboratoire

Lorsque les informations disponibles ne permettent pas de trancher, l’analyse en laboratoire permet de vérifier si un matériau contient de l’amiante. Un nombre suffisant d’échantillons représentatifs doit être analysé pour obtenir un portrait fiable.

Le gouvernement du Québec recommande de confier l’inspection à un entrepreneur qualifié ou à un laboratoire spécialisé, qui pourra déterminer les échantillons à prélever. Pour l’analyse, on peut notamment se tourner vers les laboratoires reconnus par l’IRSST.

Le coût varie selon le nombre d’échantillons et l’ampleur de l’inspection. Une estimation adaptée à la propriété permettra d’obtenir un portrait plus juste.

Est-il prudent de retirer l’amiante soi-même?

Mieux vaut s’abstenir. Lorsque sa présence est confirmée, le gouvernement du Québec juge préférable de ne pas effectuer les travaux soi-même, et de les confier à un entrepreneur qualifié.

Il est notamment recommandé de vérifier que l’entrepreneur possède une licence appropriée de la Régie du bâtiment du Québec et de s’informer quant à son expérience. Les mêmes réflexes que pour bien choisir un entrepreneur en rénovation demeurent de mise.


Trucs et conseils

Des travaux de désamiantage sont en cours? N’entrez pas dans la zone délimitée par l’entrepreneur et, si votre maison possède un système de ventilation mécanique, fermez-le pendant les travaux.

Selon l’ampleur du projet, vérifiez également si vos travaux de rénovation nécessitent un permis.

Faut-il renoncer à acheter une maison avec de l’amiante?

La présence d’amiante n’est pas nécessairement un obstacle à l’achat d’une propriété. Elle mérite toutefois d’être évaluée avant l’achat afin de connaître l’état des matériaux, les interventions à envisager et les coûts à prévoir. C’est aussi là que l’accompagnement d’un courtier immobilier prend tout son sens : il peut aider l’acheteur à obtenir les renseignements pertinents, à cibler les vérifications requises et à prendre une décision éclairée.

Dans le cas d’une maison usagée, une inspection préachat demeure particulièrement importante. L’inspecteur peut relever des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante et orienter l’acheteur vers un spécialiste si une analyse s’avère nécessaire.

Les questions à poser avant l’achat

Le formulaire Déclarations du vendeur sur l’immeuble permet notamment à l’acheteur de savoir si le vendeur a connaissance de la présence d’amiante dans la propriété. Rempli de bonne foi et au meilleur de la connaissance du vendeur, il constitue un outil précieux pour mieux comprendre l’état de l’immeuble avant de prendre une décision. Les renseignements qui y figurent peuvent servir de point de départ pour approfondir certaines questions :

  • Un test d’amiante a-t-il déjà été effectué?
  • Des rénovations ont-elles perturbé des matériaux qui en contenaient?
  • Des travaux de décontamination ont-ils déjà été réalisés et, si oui, existe-t-il des factures ou des rapports?

L’amiante comme facteur de négociation

Si une inspection ou une analyse révèle des travaux importants, leur ampleur et le coût du retrait de l’amiante peuvent entrer dans la négociation. L’acquéreur a la possibilité de négocier une réduction du prix ou de demander l’exécution de certains travaux avant de prendre possession des lieux.

L’amiante fait-il baisser la valeur d’une maison?

Pas automatiquement. La valeur marchande d’une maison dépend d’un ensemble de facteurs, dont son état, ses caractéristiques et le marché local. La présence d’amiante peut toutefois influencer la perception d’un acheteur et les coûts futurs lorsqu’une décontamination ou des rénovations sont indiquées.

L’amiante, un facteur parmi d’autres à considérer

La présence d’amiante dans une maison n’est finalement qu’un des nombreux éléments qui permettent de mieux comprendre une propriété, son histoire et les travaux qu’elle pourrait nécessiter. Une information à mettre en perspective, donc, plutôt qu’un critère à considérer isolément.

Et si vous êtes encore à la recherche de la maison qui vous convient, il est utile de garder ces nouvelles connaissances en tête lors de vos prochaines visites. Découvrez les propriétés à vendre sur Centris.ca. De quoi poursuivre vos recherches avec un regard un peu plus averti.

FAQ

1. Peut-on vendre une maison avec de l’amiante?

Oui. La présence d’amiante n’empêche pas la vente d’une maison. Lorsqu’elle est connue, elle doit toutefois être déclarée à l’acheteur dans le formulaire Déclarations du vendeur sur l’immeuble. L’état des matériaux et les éventuels travaux à prévoir pourront ensuite être pris en compte dans la transaction.

2. Quelles années de construction sont les plus concernées par l’amiante?

Au Québec, ce sont surtout les bâtiments construits ou rénovés entre 1930 et 1990 qui sont susceptibles de renfermer des matériaux contenant de l’amiante. L’année constitue toutefois un indice et non une preuve, puisque les matériaux utilisés et les rénovations effectuées varient d’une propriété à l’autre.

3. Quel est le coût d’un retrait ou d’une décontamination d’amiante?

Le prix d’une décontamination varie considérablement selon le chantier. À titre indicatif, l’Association des consommateurs pour la qualité dans la construction estime que le désamiantage d’une maison standard peut coûter autour de 12000 $, selon la superficie touchée. Le type et la quantité de matériaux, leur accessibilité ainsi que les mesures prescrites pour effectuer les travaux en toute sécurité peuvent aussi influencer la facture.

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